Les cordons de la bourse

Baptiste est le directeur de la publication et du développement de Pays. Lancer une revue papier n'a rien d'anodin, encore moins en 2020. Aujourd'hui, nous vous présentons deux de nos certitudes.

Bonjour à tous et à toutes,

Dans la précédente newsletter, Christelle s’est attachée à exposer les premiers principes graphiques, les choix que nous avons faits pour la revue à ce niveau. Lentement, mais sûrement, nous avançons.

Notre ambition est de vous proposer de découvrir le premier numéro de Pays d’ici les premiers mois de 2021 en vous en donnant un avant-goût dès la rentrée de septembre avec le lancement d’une campagne de financement participatif. Nous ne réussirons à mener à bien cette aventure qu’avec vous, et nous allons avoir besoin de votre aide et de votre soutien jusqu’au bout.

Je vous propose aujourd’hui de passer en revue deux choix que nous avons faits pour notre organisation et pour le modèle qui sera le nôtre demain.

On paye tout le monde

Manon, la fondatrice du projet, est journaliste pigiste — c’est-à-dire qu’elle travaille, en tant que salariée, pour différentes entreprises de presse — depuis un peu moins de trois ans. Depuis que nous la connaissons, nous avons vu ensemble de nombreuses choses, pas toujours réjouissantes, dans tous types de médias : salaires versés en retard, modes de rémunération non réglementaires, montant des « piges » vraiment trop bas, et j’en passe.

L’idée n’est pas de jeter la pierre à qui que ce soit — encore que — mais nous avons décidé, et c’est assez fou d’avoir à le défendre, de respecter la loi, et de respecter les personnes avec lesquelles nous allons travailler.

Tous les journalistes de Pays seront rémunérés en salaire, et au tarif de 70 € le feuillet. Les photographes et les rédactrices et rédacteurs seront payés le même montant.

C’est pour nous la condition sine qua non de notre engagement au sein du projet. Cela engendre évidemment des complications : nombre de revues et magazines ne payent pas, ou presque pas, leurs contributeurs et contributrices, sans pour autant être rentables. Cela est assez clair pour nous : soit nous pouvons le faire ainsi, soit nous ne le faisons pas.

La précarité est forte parmi les journalistes et photographes indépendants, notre ambition n’est pas de la résoudre à nous seuls, mais elle est dans tous les cas de ne pas y contribuer davantage.

De notre côté, cofondateurs et cofondatrices du projet, nous ne nous attendons pas à pouvoir nous rémunérer sur le premier numéro, mais on verra bien !

Tout le monde ne nous achète pas

Dès lors, quel modèle économique appliquer pour lancer cette revue semestrielle ? Chancelant, très certainement, incertain, assurément, incomplet, forcément. Entre l’impression, la distribution, les salaires des contributrices et contributeurs, la communication et le marketing, nous avons établi que la production de chaque numéro de Pays reviendra au minimum à 20 000 €.

Nous lançons une revue nationale, mais locale. Centrée sur un territoire à chaque numéro, la possibilité de recourir à des acteurs et actrices économiques locaux pour nous sponsoriser ou pour intégrer de la publicité à nos pages pourrait évidemment être intéressante. Mais nous n’avons pas que des choses simples et des initiatives positives à annoncer. Pays s’intéressera aux problématiques qui jalonnent un territoire, pour établir à la fois ce qui en fait sa spécificité mais également pour le raccrocher à la société dans son ensemble. C’est ce que nous avons commencé à faire sur Instagram avec nos « revues de Pays ».

Par conséquent, il n’y aura pas de publicité dans Pays. Nos revenus se feront de deux manières. D’un côté, par vos achats à l’unité et par vos adhésions au projet. Nous vous proposerons en effet d’être membres de Pays, d’y apporter vos idées et vos envies, de nous faire tous vos retours. De l’autre côté, Pays est porté par une petite structure encore en création, Studieux, qui aura une activité de création d’identités visuelles et de sites internet pour les photographes, journalistes, et structures de l’économie sociale et solidaire. Une partie du chiffre d’affaires de cette activité sera fléchée vers le développement et la production de Pays.

En toute transparence, nous partagerons avec vous, nos futurs membres, l’ensemble des budgets et sources de financement de Pays.

Merci pour votre lecture. Si vous avez la moindre question, remarque, ou idée, n’hésitez pas à nous contacter et à réagir sur Facebook, Twitter et Instagram.

Dans la prochaine édition de la newsletter, Benoît vous parlera des images qui inspirent Pays.

À très vite,

— Baptiste Thevelein, Manon Boquen, Benoît Michaëly et Christelle Perrin

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